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Damien Guizard est architecte-maquettiste, peintre et sculpteur. Ces différentes casquettes disent à la fois sa recherche et ses méthodes : son travail depuis plusieurs années porte sur le corps et ses limites dans l’espace, sur sa représentation. Tout comme dans son travail d’architecte et de maquettiste, c’est l’attention aux détails, à la matière, et une recherche de simplicité et d’évidence qui se dégage : on guette l’essence des choses.
Claire Mélot, architecte. |
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Le corps, l’espace, la lumière. Après une longue période de travail figuratif et réaliste, les œuvres minimalistes s’attachent à la représentation du corps dans l’espace. Le corps est dessiné par une ligne continue qui exprime un mouvement et pas seulement une forme. C’est une longue recherche faite d’affinements successifs pour atteindre un mouvement unique, un seul trait qui suggère le corps. Le choix du corps de la femme pour approcher le travail sur le corps n’est pas anodin. Selon les propres mots de l’artiste, « les courbes douces et élancées du corps de la femme », tel qu’il choisit de le représenter, permet de donner du mouvement au tableau même si la pause est statique « les femmes que je dessine sont souvent en posture droite, statique et debout … pourtant elles semblent danser ». Ce travail lent rappelle celui de la calligraphie, dans sa constance et la répétition du même geste, jusqu’à sa perfection. Mais derrière le trait, il y a aussi la matière, les aplats de la peinture à l’huile, le relief de l’encre sur le papier. Cette volonté de faire apparaître la matière, n’est pas seulement un choix graphique mais une volonté de « sentir la force de la ligne qui arrive à se frayer un chemin à travers le relief de la toile…. Aussi et surtout pour faire réagir la lumière avec ce relief. ». Associée au verre, la lumière permet aussi de projeter l’ombre d’un tableau sur une surface et grâce à ce procédé, où l’ombre devient plus grande et dépasse le tableau, de le faire disparaître : on ne voit plus que le corps. Positionnée pour éclairer de façon particulière le tableau, la lumière en transforme sa lecture, joue sur les proportions du corps et de l’espace, comme dans une maquette. (Série silhouette) Poussant encore un pas plus loin cette volonté de faire sortir le corps du tableau, la série évolutive fil présente une partie du corps « figée dans le temps » et une partie « libre de tous mouvements ». Le corps est pris entre deux plaques de verre, mais une partie, qui dépasse du cadre, suggère au spectateur une infinité d’autres mouvements et la possibilité d’agir lui-même sur l’œuvre.
Empreintes. Le corps apparaît. Dans ses dernières œuvres, Damien Guizard pousse la présence du corps jusqu’à le faire disparaître : le corps sort du tableau et s’impose dans l’espace tout en étant absent. C’est son empreinte seule qui subsiste : sous les plis lourds du drap on devine les corps, figés dans un mouvement ou endormis. Par la douceur des gestes de l’artiste, le mouvement arrêté du modèle, on sent la connivence qui s’établit entre le corps, sa chaleur et la matière. L’empreinte laissée n’est plus seulement la suggestion des limites du corps mais les souvenirs de sa présence. Il y a eu quelqu’un ici.
Claire Mélot, architecte. |
